Intercartels ACF Bourgogne Franche-Comté Janvier 2015

Intercartels ACF Bourgogne Franche-Comté

17 janvier 2015

Centre Dramatique National de Besançon

Avenue Edouard Droz

BESANCON

Président de séance : Didier Mathey, délégué régional ACF B F-C

Ouverture

Thierry Vigneron – Théâtre et psychanalyse

Conversation

avec Célie Pauthe

directrice du CDN et metteure en scène

Travaux des cartels

Jean-Louis Belin – La douleur d’exister

Nathalie Becoulet – Donut Selfies

Sophie Gaillard – La courbure du sujet

Cécile Malbert-Scalabrino – La courbure de l’espace voix

Camille Scalabrino – Le corps du fantôme

Discutante : Dominique Guilmot

 

Suivi de la représentation théâtrale de

La bête dans la jungle de Henry James

et de

La maladie de la mort de Marguerite Duras

Entrée libre

Un verre sera servi à l’issue de l’intercartels

Intercartel ACF BFC

Le corps et l’acte

Usages de l’interprétation

Dans la nouvelle de Henry James comme dans la version pour le théâtre de Duras, le personnage de John Marcher se révèle un adepte du pire, celui qu’il éprouve après avoir différé toute sa vie la rencontre avec May/Catherine Bartram, pariant de la seule dimension imaginaire de la relation. En cela, Marcher est un Hamlet certes pacifié – mais peut-être plus redoutable pour lui et pour les autres : à ne pas s’y fier ! La possibilité de lac est ici dissoute, et l’interprétation devient une simple caisse de résonance du mythe individuel de Marcher : la Bête dans la jungle. Au corps-cadavres qui meublent le destin d’Hamlet réponde dans la pièce de Duras/James l’évidement des corps par une parole sans coupure et une attente indéfinie.

En cela, la nouvelle de Henry James a valeur de paradigme clinique. Mais elle n’intéresse pas l’analyse que par ce versant. Car elle interroge aussi, dans la relation de Marcher à May, la forme du lien transférentiel. Le neutre dont May fait le marqueur de la relation transférentielle se révèle conditions ravageuses d’une vérification du rien par le rien de la position de Marcher. May pourrait passer pour une héroïne de l’intersubjectivité des premiers temps de la psychanalyse, ces temps qui ne faisaient pas valoir comme décisif de l’acte le désir du psychanalyste.

Qu’un corps parlant puisse mettre en présence deux corps, l’un vivant, l’autre mort, est le pari du court récit La maladie de la mort de Marguerite Duras. Le corps malade de la mort questionne, ne peut croire à la rencontre amoureuse : il est un-seul, une défense contre le réel, celui du sexe qui se compte deux. Le deux et consentement au hors sens, à la contingence, par là il autorise l’événement et l’existence de la rencontre, si aléatoire soit-elle.

La nouvelle de James et les textes de Marguerite Duras questionnent les réponses de l’analyse. Quels usages – et peut-être mésusages – de l’interprétation pour faire pièce à la passion du rien qui « anime » le corps des parlêtres ?